Historique des puits dits artésiens
Historique des puits dits artésiens
Artésien vient du mot Artois (car les premiers forages français ont été créés en Artois).
Le puits artésien tire directement son nom de l’Artois, la région où il a été exploité, en France, pour la première fois. Les historiens sont tous d’accord sur ce point : c’est dans la région de Lillers-en-Artois, dans le Pas-de-Calais, entre Béthune et Saint-Omer, que sont creusés les premiers puits.
Selon Wikipédia, l’« artésianisme » se produit lorsque la configuration particulière de la géologie d’un lieu et sa topographie provoquent une telle mise en pression de l’aquifère, soit lorsque l’inclinaison de la couche géologique imperméable qui le surmonte le contraint sous le niveau de sa ligne piézométrique (ligne d’égale pression de l’eau souterraine). Si cette couche est forée, l’eau remonte le forage en jaillissant, selon le principe des vases communicants.
Ces eaux souterraines profondes pouvant être chaudes, les puits artésiens sont aussi utilisés dans des systèmes de chauffage géothermique.
On désigne parfois à tort par « puits artésien » un puits foré dans une nappe sous pression, qui n’est pas jaillissante mais simplement « captive ». Dans ce cas, on devrait parler de « puits subartésien ».
Origine des puits artésiens
Dès les premiers siècles de notre ère, les peuples de l’Orient connaissaient l’art d’aller chercher dans les profondeurs de la terre l’eau des nappes invisibles, et de la faire monter à la surface du sol, où on l’employait pour tous les usages domestiques et pour les besoins de l’agriculture.
Les oasis qui parsèment les déserts de la Syrie, de l’Arabie et de l’Égypte doivent leur fertilité aux sources d’eaux jaillissantes pratiquées par la main de l’homme.
Pourquoi il y a des puits artésiens autour du Bassin ?
À une certaine époque, avant-guerre, il y eut des maladies graves comme la typhoïde. Bien des gens moururent de cette terrible maladie. Les maires des communes s’émurent, et l’on commença une enquête publique, diligentée par la gendarmerie du coin.
Après de nombreuses palabres et questions, on finit par découvrir que l’origine fut une « pollution » — mot qui n’existait pas encore. La nappe phréatique, surchargée de microbes, était contaminée : presque toutes les maisons avaient des jardins potagers, des basses-cours avec poules et lapins, et des tas de fumier à même le sol. Avec les fortes pluies, l’eau lavait le fumier, puis s’infiltrait dans le sable calcaire. À force, il y eut fatalement des infiltrations dans les veines des puits traditionnels.
Normalement, à cause des températures et des densités, les eaux ne se mélangent jamais. Mais les veines ne sont pas en inox : le sol est instable et fragile, et le poids de l’eau de pluie augmentait la pression. Il y eut donc interpénétration, contamination, puis épidémies de typhoïde parmi la population qui buvait depuis des siècles l’eau des puits traditionnels.
Les maires demandèrent alors à la préfecture de la Gironde l’autorisation de creuser des puits spéciaux afin d’endiguer le flot de maladies et de rétablir un semblant de paix sociale. L’entreprise de puisage envoya sourciers et puisatiers dans tous les villages à la recherche de points d’eau. Mais il y avait des règles strictes : les puits artésiens devaient être créés sur la voie publique, pas chez les particuliers.
Les premiers puits virent donc peu à peu le jour, et riches comme pauvres faisaient souvent une queue interminable avec cuvettes émaillées, seaux en fer et bidons de lait en aluminium. L’attente devenait presque un marché improvisé : on y échangeait des nouvelles, des potins, des réparations, des tricots, des journaux et des commentaires sur la vie des voisins.
Les familles riches, plus pressées que les autres, en eurent vite assez de voir leurs domestiques perdre du temps dans ces embouteillages villageois. On changea alors les règles, et des puits artésiens furent créés dans des domaines et propriétés privées. Mais la population ne l’accepta pas sans réagir. Les maires durent composer avec cette colère, et l’on inventa le droit de passage et le droit de puisage.
On mesura la largeur du passage sur une personne portant deux seaux d’eau à bout de bras. Des haies d’arbustes furent plantées de part et d’autre du chemin piétonnier afin d’en marquer les limites, avec interdiction de les franchir. Un décret permit ainsi le puisage dans certaines propriétés, décret qui se perdit ensuite dans les limbes administratives.
Tous les puits furent notifiés chez les notaires du coin, surtout chez maître Radot père. Un puits traditionnel ou un puits artésien n’était pas anodin : il servait principalement à la consommation humaine, et représentait un bien précieux. Notre civilisation actuelle a perdu cette notion, persuadée d’être sauvée parce que l’eau coule au robinet. Pourtant, l’eau, c’est l’avenir.
Un puits artésien est une véritable œuvre d’art. Il est notarié et répond à des lois précises d’existence légale. Pour moi, ils doivent être protégés.
Il existe des cartes détaillées où ils sont tous répertoriés. Je n’ai jamais entendu dire que l’eau d’un puits artésien était mauvaise ou polluée. Le puits artésien est toujours accessible à la voie publique : n’importe qui a toujours le droit d’en puiser à la fontaine publique.
Bien sûr, les réglementations toujours plus exigeantes obligent les mairies à faire des analyses détaillées afin d’assurer la sécurité des usagers. Comme ces analyses sont chères, certains maires « malins » préfèrent éluder le problème en mettant un écriteau bien en vue : « eau non potable ». Chacun prend alors ses responsabilités avant d’en boire.
L’association Les Amis des Puits préconise de garder précieusement et durablement ces compagnons délaissés en majorité. Ils ne font de mal à personne, et n’ont jamais empoisonné personne.
L’entretien de ces puits est pratiquement nul. Il ne faut surtout pas ralentir le débit, déjà naturellement assez faible, et surtout jamais mettre un robinet pour les fermer : là, on est sûr de les tuer définitivement.
Moralité : quand on a un problème avec un puits traditionnel, avec un puits artésien, ou même un vulgaire forage hasardeux, appelez l’association Les Amis des Puits.
Principe de construction (« moderne ») d’un puits artésien
https://www.youtube.com/watch?v=Cjq5MfpJy8g
Cordialement.
ISIDORE
sourcier/puisatier
Association Les Amis des Puits
71, allée de la Pinède
33740 Arès
06 60 20 06 99 / 05 56 60 00 65
http://amis-des-puits.fr/
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